11/01/2021

EUR/USD : qu’attendre pour 2021 ?


Tumultueuse. L’année 2020 fut rythmée par la crise sanitaire du Coronavirus, provoquant une récession mondiale historique et une réaction drastique des gouvernements et des banques centrales. Au cœur de cet épisode unique de l’Histoire moderne, où le Monde est plongé dans une tempête politique, économique et surtout sanitaire, le brusque rebond de l’euro/dollar a interloqué les acteurs financiers.

Dans cet article, nous tenterons de comprendre, du point de vue de nos analystes, d’où provient cette accélération haussière et qu’est-ce qui pourrait la freiner, voire inverser la tendance, en 2021.

2020 : une année morose pour le dollar

D’un point de vue purement politique c’est évidemment l’élection de Joe Biden qui était sur le devant de la scène en 2020. Ce dernier, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, pourrait mettre en application une augmentation de la fiscalité pour les entreprises en prenant donc le contre-pied de la politique menée actuellement par Donald Trump. En effet, le républicain avait en 2018 effectué une grande réforme fiscale en abaissant le taux de l’impôt sur les sociétés à 21%. Le démocrate prévoirait de refaire passer le taux à 28% pour les grandes entreprises, et ajouterait même une hausse de l’impôt sur le revenu pour les ménages les plus aisés. Au total Biden prévoit une hausse de 3 600 milliards de dollars d’impôts pendant son mandat. Un message fort envoyé à la classe moyenne américaine, mais une décision qui n’est pas forcément allée en faveur du dollar l’année passée alors que le candidat était en tête dans les sondages.

Mais le contexte sanitaire a été directement impliqué lui aussi, de manière surprenante, dans l’affaiblissement du dollar en 2020. Ici, deux mots nous intéressent : « valeur refuge ». En effet, à l’instar de l’or et depuis des décennies le billet vert est considéré comme un actif protecteur d’excellence et bénéficie donc des contextes risqués et incertains. Ce qui surprend ici, c’est que malgré la crise économique liée à la pandémie les investisseurs ont semble-t-il préféré retenir le positif ; c’est-à-dire la rapidité de l’avancée de la mise en point d’un vaccin et de son application. En conséquence, ces derniers délaissent le dollar et se rabattent sur des actifs jugés plus risqués, comme l’euro. L’optimisme qui règne sur les marchés se traduit d’ailleurs en bourse, où les places atteignent des niveaux historiquement élevés !

Enfin, du point de vue purement économique, la Fed et son Président Jerome Powell ont décidé d’abaisser leur taux directeur principal en mars 2020, le passant de 1.25% à 0.25%. Conséquence directe : le billet vert est soudain devenu moins rémunérateur pour les investisseurs, et mécaniquement moins attractif, entrainant une baisse de la demande de dollars. De son côté, la Banque Centrale Européenne et Christine Lagarde auraient aimé les imiter mais étaient limitées … puisque leur taux d’intérêt principal est déjà à 0% depuis le 16 mars 2016 ! Le différentiel soudain a tout simplement affaibli le dollar.

2021 : le risque baissier plane sur l’euro/dollar

De toute évidence le premier argument qui viendrait appuyer l’hypothèse d’une baisse de l’euro/dollar en 2021, c’est simplement le niveau de la paire actuellement, au plus haut depuis 2018. Les investisseurs pourraient être séduits par des prises de bénéfices après que le dollar se soit affaibli de près de 12% en 8 mois. Monter au-delà des niveaux constatés ces jours-ci, cela reviendrait à chercher les niveaux de … 2014 ! Totalement impensable il y a encore quelques mois pour une paire qui semblait s’installer aux alentours des 1.10-1.12.

Le dollar reste d’ailleurs la devise de réserve la plus utilisée au Monde, donc cet affaiblissement ne fait pas les affaires des pays, qui s’appauvrissent alors que les dettes publiques explosent avec la pandémie. En effet, d’après le Fonds Monétaire International au troisième trimestre 2020, les réserves de devises mondiales étaient composées à 60.46% de dollars ! Il est difficilement envisageable de penser que les pays, États-Unis en chef de file, décideraient consciemment de paupériser leurs économies. L’euro de son côté ne représente lui que 20.53% des réserves de devises mondiales, en s’asseyant pourtant à la deuxième marche du podium.

Du côté sanitaire, l’avancée de la campagne de vaccination dope toujours actuellement les indices boursiers. Pour autant, son effet semble s’atténuer sur le billet vert, qui stagne depuis mi-décembre et les premières doses inoculées du vaccin Pfizer/BioNTech. Certaines craintes pourraient même doucher l’optimisme ambiant : quid de futures mutations du virus et de l’adaptation dans les faits des vaccins autorisés, des problèmes de production ou de logistique ? Toutes ces complications, déjà observées à l’heure actuelle, mettent en danger les plans de sortie de crise des divers gouvernements mondiaux, qui pourraient se voir retarder, et même totalement compromis.

D’un point de vue politique, il semblerait que les marchés ont également absorbé la victoire de Joe Biden aux présidentielles, et ses actions à court et moyen terme devraient avoir peu, voire pas d’effet au moment de leur entrée en vigueur. On pourrait même penser que le démocrate tienne la ligne de conduite de Donald Trump envers la Chine, ce qui alimenterait un climat de tensions qu’on aurait pu imaginer se tempérer avec le départ du républicain. Cela renforcerait de facto le dollar qui bénéficierait de son statut de valeur refuge.

Enfin, l’argument ultime en faveur d’un tel scénario, c’est tout simplement que la Banque Centrale Européenne redoute un euro trop fort, qui serait néfaste pour l’inflation. Déjà en septembre, plusieurs membres haut placés de l’institution, dont Christine Lagarde, avertissaient du danger d’un euro fort. On imagine que dans un cas d’extrême urgence où l’euro se renforcerait trop, la banque centrale n’hésitera pas à agir … avec « tous les moyens à disposition », comme l’avait déclaré Mario Draghi en 2014, à l’époque où l’euro/dollar flirtait avec les 1.40. Rappelons que suite à cette déclaration, un an plus tard, la paire avait chuté à 1.05…

Que retenir ?

En 2020, la paire euro/dollar est montée en partie car :
  • Le programme de Joe Biden prévoit une augmentation de l’imposition américaine
  • Les investisseurs se sont tournés vers des actifs risqués (notamment l’euro) au regard de l’avancée rapide de la mise au point d’un vaccin
  • La Fed a baissé son taux directeur principal, alors que la BCE était bloquée
En 2021, l’euro/dollar pourrait chuter notamment car :
  • Un plafond haussier semble être atteint avec des niveaux qui sont presque au plus haut depuis 2014 et un affaiblissement du dollar face à l’euro de 12% en 8 mois
  • 60% des réserves de devises mondiales sont en dollars et il semble difficile d’imaginer que les pays désireraient s’appauvrir volontairement, notamment les États-Unis
  • Le risque sanitaire est toujours présent
  • Joe Biden pourrait surprendre dans sa posture envers la Chine, qui pourrait être plus agressive qu’attendu
  • La Banque Centrale Européenne estime qu’un euro trop fort nuit à l’inflation

RationalFX informe ses lecteurs que les informations dispensées et communiquées dans cette analyse, ne constituent en rien ni aucune manière une incitation à acheter ou vendre des produits financiers. Cette analyse reflète uniquement l’avis de l’auteur.


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